Le blog des dirigeants Heureux et des entreprises gagnantes

Quel avenir pour Londres, la capitale des start up ?

Retour sur ma « Christmas learning expedition » à la rencontre du Londres des entrepreneurs…

Juste avant noël, j’ai eu la chance de passer deux jours à Londres, à la découverte de l’écosystème londonien, en compagnie d’une vingtaine de start uppers flamands lauréats de Réseau Entreprendre, dans le cadre d’un Boot camp*… Une belle opportunité pour observer les jeunes dirigeants d’entreprises digitales, et pour se faire une idée de l’attractivité de Londres, en ces temps post-Brexit !

« In London, you find money, a lot of money… and access to markets and talents » : Fausto Zanetton, jeune belge expatrié à Londres pour fonder sa plate-forme de « fan funding » destinée aux clubs de sport, Tifosy, est convaincu que Londres reste et restera pour longtemps « The place » pour construire le monde de demain.

Et à écouter nos hôtes de London & Partners, l’agence de promotion économique de la ville, en effet, Londres a de nombreux atouts : des conditions fiscales privilégiées pour installer son entreprise, de nombreuses entreprises internationales, et le plus grand écosystème de start up en Europe : 46 000 entreprises digitales, 156 000 salariés du digital, près de 72 000 développeurs professionnels Londres intra-muros et plus de 700 000 créations de start up en UK cette année ! Assez impressionnant, tout de même…

Et ils sont nombreux, les jeunes entrepreneurs européens, à s’implanter à Londres dès que leur start up prend son envol.

J’ai été par exemple totalement bluffée par ma rencontre avec le co-fondateur de Showpad, Louis Jonckheere.

Rencontre coup de cœur avec un jeune entrepreneur audacieux  !

Louis, jeune trentenaire belge déjà serial entrepreneur, a lancé en 2012 en Belgique Showpad, une plate-forme IT dédiée aux ventes, interfacée avec les CRM majeurs du marché comme Salesforce ou Microsoft Dynamics. Une idée simple et belle : les clients ont changé, changeons nos méthodes de vente !

Après quelques levées de fonds ambitieuses (2M USD en 2013, 8,5MUSD en 2014), et 5 ans après le lancement en Flandres, Showpad a plus de 500 salariés et s’est implanté à Londres et aux US.

Le plus énergisant : la vision de Louis et son enthousiasme, son audace : voilà ce qui nous manque encore parfois en France…  Aucune peur, aucun doute, une énergie qui emporte : nos jeunes start uppers flamands sont ressortis de l’échange complètement boostés… et moi aussi !

Je partage avec vous une maxime de Louis, qui m’a particulièrement fait plaisir…

Nous échangions sur les enjeux du recrutement (forcément, passer de 2 à 500 salariés en 5 ans, le sujet est prioritaire !)… Et lorsque nous l’avons interrogé sur ses méthodes, la réponse a été claire et « straight to the point » :

« You buy cheap, you buy twice » !… Ne pas faire de compromis, sélectionner les meilleurs profils et les « high potentials », chercher et attirer les vrais talents !

C’est une recette que j’essaie d’appliquer personnellement depuis de nombreuses années, à chaque fois que j’ai été en position de renforcer mes équipes. Et combien de fois ai-je entendu ma DRH me signaler que le collaborateur pressenti lui semblait « surdimensionné », « trop gourmands financièrement » ou « trop ambitieux » !…

Et pourtant, recruter les talents, choisir les meilleurs… n’est-ce pas une condition majeure de succès ?
Et vous, recrutez-vous les meilleurs ?

Et le Brexit ?

Mais revenons à mon sujet… S’implanter à Londres, faire grandir sa start up chez les british, se faire recruter par une entreprise londonienne… est-ce vraiment la bonne idée ?

Durant ces deux jours, nous avons rencontré de nombreux dirigeants, des responsables d’incubateurs comme The Family, des consultants comme PWC… tous promoteurs de Londres, Capitale économique incontournable !

Ne m’a-t-on pas donné pour preuve, par exemple, que « plus de blockbusters étaient post-produits à Soho qu’à Hollywood » ?

Cependant, il faut bien avouer qu’à chaque fois que nous avons interpellé ces amoureux de Londres, sur le Brexit et ses conséquences à venir, les « petits accès de toux » en disaient plus longs que de longs discours…

Oui, il y a des craintes pour demain. Oui, le Brexit aura un impact sur la City et sa dynamique. Certains dirigeants nous ont même avoué « envisager une relocation prochaine ». Des entrepreneurs français, italiens… repartent dans leur pays d’origine, où le coût de la vie est plus bas et où le système européen semble pour le moment plus stable.

Même si les start up sont plus flexibles et plus équipées pour conduire le changement et gérer l’incertitude, même si leurs dirigeants sont plus confiants en l’avenir, la confusion est réelle et l’incertitude plane. Plusieurs de ceux que j’ai rencontrés m’ont confié : « il y a deux ans, je ne me serais jamais posé la question, mais aujourd’hui, je regarde les opportunités de relocaliser ma start up en Europe continentale… au cas où »…

De même, de nombreux salariés européens pensent à rentrer dans leur pays d’origine et Londres risque ainsi de perdre un peu des talents précieux dont elle dispose.

Même si Londres reste clairement aujourd’hui un passage particulièrement intéressant avant d’attaquer le marché américain, et l’opportunité d’expérimenter un marché compétitif et international, même si l’attractivité de Londres est encore réelle…

…Est-ce que finalement l’impact du Brexit ne serait-il pas dans un avenir proche la perte de la ressource principale du développement d’une entreprise : les compétences humaines, les TALENTS ?

 

*Boot camp = programme d’accélération et de formation proposé par Réseau Entreprendre à certains lauréats entrepreneurs en forte croissance.

Laisser un commentaire

dolor ut eget Phasellus id et, sit felis